01 – Deux mois d’odonatologie dans l’Ain : septembre et octobre 2021


Actualités, Ain, Atlas, Boyeria irene, Calopteryx haemorrhoidalis, Cordulegaster bidentata, Gomphidés, Leucorrhinia pectoralis, Stylurus flavipes, Suivis odonatologiques, Sympetrum depressiusculum / dimanche, novembre 7th, 2021

La météo clémente de cette fin d’été et du début de l’automne a encore permis une belle activité odonatologique dans département de l’Ain.

Leucorrhinia pectoralis

Une grosse partie du travail concernant le suivi de Leucorrhinia pectoralis en Dombes et en Bresse avec le stagiaire N2000 Léonard Loppé, (André Prat, Michèle Guinnet, Dominique Lescuyer et Régis Krieg-Jacquier) est maintenant derrière nous. Des visites sur les sites de l’espèce et à de nouveaux sites potentiels ont permis de collecter des informations sur le niveau des eaux, le caractère favorable des sites. Le niveau des eaux reste élevé et sera sans doute bénéfique à l’espèce puisqu’il n’y aura guère à craindre d’assèchement prolongé des milieux en automne. Le travail de collaboration avec Natura 2000, les propriétaires et gestionnaires d’étangs continue.

Sympetrum depressiusculum

Les environs de Culoz (étang Gardeur, annexes du Rhône, RNN du marais de Lavours) ont été visités pour suivre Sympetrum depressiusculum dont la population semble se maintenir jusque à mi-octobre..

Cordulegaster bidentata

Les derniers passages pour le suivi annuel de Cordulegaster bidentata été fait sur la RNR du Pont des Pierres à Montanges (étude LPO et GRPLS, avec Émilie Müller, Robin Letscher et Régis Krieg-Jacquier). Des prospections dans d’autres zones de la montagne bugiste ont permis d’identifier de nouveaux sites de reproduction qui s’élève maintenant à 64 pour le département. Des échanges ont lieu régulièrement avec Robin Letscher, conservateur, pour cadrer le suivi et prévoir l’activité en 2022.

Boyeria irene

Les stations à Boyeria irene de l’Oignin, de la Reyssouze et du Suran ont été suivis jusque dans les derniers jours d’octobre. L’Oignin a révélé un nombre encore assez important d’exuvies, certaines semblant assez récentes, et les imagos étaient encore actifs à la fin de septembre.

Gomphidés

Une prospection pour les Gomphidés sur le Rhône a été faite au niveau de Saint-Vulbas, sans résultats pour les exuvies, mais les variations de débit importantes du fleuve dans l’été ont sans doute impacté les possibilités de conservation.

La recherche de Stylurus flavipes en Saône n’a pas permis de faire de nouvelles observations.

Calopteryx haemorrhoidalis

Une dizaine d’observations de Calopteryx haemorrhoidalis se sont succédé jusqu’au début d’octobre sur toute la partie ouest du département.

En altitude

Les prospections en altitude ont continué (Retord) et ont permis quelques observations (André Prat, Michèle Guinnet, Françoise Blondel, Thierry Gaultier Thomas Gruet et Régis Krieg-Jacquier) notamment pour Aeshna grandis et Sympetrum vulgatum.

Dévorah

Quelques passages tardifs sur le Dévorah ont permis de voir un niveau assez élevé dans les mares et des zones rouvertes qui semblent se pérenniser (marais de Tirand, Grande Prairie). Un étudiant d’ATIB, Solal Maire, est intéressé à titre bénévole pour travailler sur une histoire des paysages du Dévorah d’après la littérature, les témoignages, les sources photographiques aériennes et plans cadastraux, les herbiers et éventuellement la banque de graines du sol.

Divers

Les données d’odonates en septembre et octobre 2021

Des passages aléatoires sur différents sites à odonates de l’Ain permettent de mesurer les impacts positifs et négatifs des aménagements. A Jasseron, les travaux du SBVR sur une petite partie du cours du Jugnon au cours de l’été montre déjà l’installations d’herbiers à Berula erecta qui seront favorables à Coenagrion mercuriale. Malheureusement, les crues de cette année 2021 ont souvent incité les particuliers et les territoires à faire des travaux d’urgence qui risquent d’être néfastes aux odonates dans les prochaines années. Ce constat implique donc qu’il faut rester vigilants et continuer d’informer le grand public et les élus. La collaboration avec les gestionnaires des milieux naturels est une des clés pour assurer la conservation des milieux et de la biodiversité.

Au total 1777 données ont été recueillies sur Faune-Ain sur le département, données suivies et vérifiées quotidiennement et des prospections assez bien réparties sur l’ensemble du département.

Une nouvelle libellule sur les quais du Rhône à Lyon

Vie associative

Le suivi des observations sur le site Mares où êtes-vous est toujours assuré.

Réunions

La collaboration avec le Syndicat du bassin versant de la Reyssouze s’est poursuivi avec notamment des une point sur les actions actuelles et futures entre Sympetrum et le SBVR, le comité de pilotage n°2 du Plan de Gestion Stratégique des Zones humides SBVR et les Ateliers d’échanges – Construction programmation Reyssouze 2022 -2024 sur une journée à Montagnat avec les différents acteurs et partenaires présents sur le Bassin Versant de la Reyssouze. Le président et le directeur du SBVR se montrent résolus pour aller vers une meilleure fonctionnalité de la rivière et de ses affluents, la préservation de la ressource en eau et des zones humides. Ils sont suivis par la plupart des élus, mais il reste encore quelques pierres d’achoppement pour les propriétaires de moulins, certains milieux agricoles. La biodiversité reste au cœur du discours du président du SBVR, et les actions du syndicat devraient permettre sa conservation.

Un comité de pilotage et un comité technique sur la trame Turquoise du bassin versant de la Chalaronne s’est tenu avec de nombreux partenaires et acteurs dans le cadre de l’AP Biodiversité 2021 Définition d’une stratégie de restauration de la trame turquoise. Les espèces à prendre en compte, le cadrage précis sont encore en discussion. Quatre espèces de libellules avaient été évoquées, Leucorrhinia pectoralis, Coenagrion mercuriale, Boyeria irene et Oxygastra curtisii, mais il n’est pas certain que le taxon Odonata sera conservé.

Ces divers comités permettent d’une part d’avoir une bonne vision des politiques engagées par les structures, du soutien par les acteurs comme l’Agence de l’Eau et la DDT mais également des élus. C’est aussi un lieu de rencontre et d’échange avec d’autres utilisateurs des habitats des libellules comme la Fédération de pêche.

La Coordination de l’Ain n’a pas pu assister à la réunion de la SAP du 11 octobre, n’ayant pas été informée. Une entretien téléphonique avec la DDT a permis faire le point le lendemain cependant.

Des contacts étroits sont maintenus avec le SR3A sur le Suran en particulier qui nous tient informés des travaux programmés et se montre à notre écoute pur les problématiques liées aux odonates.

Les relations avec la LPO Ain sont nombreuses et le travail se fait toujours en collaboration étroite. Sympetrum a été invité aux assises territoriales de la délégation Ain de la LPO AuRA à Pont-de-Vaux le 25 septembre. Des collaborations sont à l’ordre du jour dans les prochains, outre le suivi de Cordulegaster bidentata à la RNR du Pont-des-Pierres.

Atlas des odonates du département de l’Ain

Après une éclipse de quelques années, le projet d’un atlas des odonates du département de l’Ain est donc relancé comme nous l’annoncions dans le précédent compte rendu bimestriel. Mathias Kalfayan, géomaticien – écologue, membre de Sympetrum, s’est vu confier la maquette de l’atlas, il sera donc à la coordination du projet avec Régis Krieg-Jacquier. Les premières propositions ont été réalisées. Avec les rédacteurs, nous allons maintenant faire les choix. 2022 sera l’année qui permettra de finaliser les prospections sur certains taxons et quelques secteurs sous prospectés, la base de données du GRPLS et la motivation d’une poignée de rédacteurs nous permettant d’espérer une publication en 2023. Il ne s’agit pas d’un projet d’envergure comme l’Atlas de la Loire, mais d’un état des lieux 15 ans après l’Atlas illustré des libellules de la région Rhône-Alpes, un temps qui aura permis de révéler la richesse du département en libellules.

En marge du département

Parce que l’Ain est voisin d’autres départements avec qui il partage des milieux naturels, nous avons eu la chance de sortir un peu des limites départementales.

Samuel Mesnil, membre de Sympetrum a désormais la charge d’intervention au bachelor Gestion et valorisation naturaliste (EGPN Lyon). Nous l’avons donc accompagné avec 13 étudiants de 3e année sur le Grand Parc Miribel Jonage pour faire connaissance avec les libellules, encore bien présentes en ce 7 octobre. Le 21 octobre c’est une invitation à l’inauguration de projet Gabiodiv que nous avons honorée. Un projet présenté en 2017 aux 6e Rencontres odonatologiques de la SfO. On retrouvera toutes les informations sur ce projets destiné à remettre de la nature et de la biodiversité sur les secteurs les plus bétonnés du Rhône et de la Saône dans Lyon ici : Des espèces Parmi’Lyon

Tous les amateurs idaniens de libellules sont mobilisés, l’activité est importante dans une ambiance sereine !

La Coordination Ain – Aurélien Bourdin et Régis Krieg-Jacquier