Sympetrum depressiusculum


Sympetrum depressiusculum / jeudi, novembre 25th, 2021

Sympétrum déprimé – Famille des Libellulidés

Voir aussi – Quatre espèces exceptionnelles sont plus particulièrement l’objet du Plan Régional Odonates

Cette libellule est actuellement suivie dans le cadre du Plan National d’Action Libellules.

Historique et actualités

  • 1916 : Première mention datée de l’espèce dans la région Rhône-Alpes, Rilleux-la-Pape dans le département du Rhône le 25 août 1916 (Philibert Riel). Elle avait été signalée, sans localité précise, au XIXe siècle, probablement vers Lyon.
  • 1957 : Première mention de l’espèce dans le département de l’Isère, étang des Eparres (site détruit) à Gières le 7 septembre 1957 (Charles Degrange).
  • 1986 : Premières mentions de l’espèce dans le département de la Haute-Savoie à Bons en Chablais le 27 juillet 1986 (Denis Jordan) et à Montagny-les-Lanches le 1er octobre 1986 (Cyrille Deliry).
  • 1989 : Première mention de l’espèce en Savoie à Chanas le 3 août 1989 (Cyrille Deliry). L’espèce est toujours présente sur ce secteur et désormais régulièrement suivie.
  • 1991 : Première mention de l’espèce dans la Drôme à PIerrelatte le 28 juillet 1991 (Daniel Grand). Le suivi plus ou moins régulier de l’espèce sur ce secteur révèle une importante population locale. Il a commencé dès 1996.
  • 1992 : Première mention de l’espèce en Ardèche, à Saint-Alban-Auriolles le 18 juillet 1992 (Alain Ladet). De même dans les Hautes-Alpes à Saint-Eusèbe-en-Champaur (Cyrille Deliry).
  • 1997 : Première mention de l’espèce dans l’Ain, à Culoz le 25 juillet 1997 (Cyrille Deliry). Il s’agit d’une localité qui depuis a été régulièrement suivie et qui révèle une population locale pérenne et remarquable.
  • 2002 : Stéphane Pissavin et Joël Blanchemain découvrent l’espèce en 2002 dans le département de la Loire en Plaine du Forez. C’est alors la 62ème espèce du département. Néanmoins la mention d’une larve à St Pierre de Bœuf enregistrée en 1987 pourrait être regardée comme une première mention.
  • 2003 : Point GRPLS, sur la progression de Coenagrion scitulum et une invasion de Sympetrum depressiusculum en Suisse, comparaison avec l’état rhônalpin, avec C.Monnerat (CSCF).
  • 2006 : Découverte des populations importantes situées dans les Gorge de la Loire (Loire) le 20 juillet 2006 (André Ulmer) (voir Ulmer 2011).
  • 2010 : Espèce cible des prospections dans le Massif de Bonnevaux (Isère). Participation par transmission à X.Houard des données régionales, dans le cadre du PNAO.
  • 2011 : Première année de suivi dans le cadre du « Plan Haut Rhône 2011 » (Ain et Savoie). Des panneaux pédagogiques sont installés à la Ferme aux Crocodiles à Pierrelatte (Drôme) en collaboration avec le Groupe Sympetrum (photo plus bas).
  • 2012 : Elle est l’objet du suivi « Plan Haut-Rhône 2012 ». Elle est ainsi confirmée à Culoz (Ain) par Régis Krieg-Jacquier. 29 août 2012 : Annonce de la découverte de l’espèce sur la réserve du Marais de Lavours le 15 août par S.Pillaud.
  • 2013 : Dans le cadre du PNAO, l’espèce est suivi sur les Gorges de la Loire sous la coordination d’André Ulmer en parallèle du Plan Régional de l’Auvergne [archives]. Il s’agit de la première opération de suivi d’une espèce dans la région dans le cadre du PNAO, néanmoins principalement couplé avec l’Auvergne, car le Plan n’est guère lancé en Rhône-Alpes à l’époque, ceci, sous la coordination d’André Ulmer. Notons que l’espèce est observée en erratisme le 16 août 2013 au bord du Lac du Bourget à Conjux par Dominique Mouchené. L’individu contacté est probablement originaire des populations situées vers Culoz dans l’Ain et en Savoie.
  • 2014 : OdoRunAlpes sur le Haut Rhône n°2 les 30 et 31 août 2014 sous la coordination de Cyrille Deliry, spécial Sympetrum depressiusculum (compte-rendu PDF). Un camp odonatologique est par ailleurs coordonné par Cyrille Deliry à Aurec sur Loire (Haute-Loire) du 16 au 23 août 2014. L’objectif principal, outre de dynamiser l’odonatologié ligérienne est d’étudier les deux espèces importantes de Sympétrums (depressiusculum et pedemontanum) présentes sur le secteur [archives].
  • 2018 : L’espèce est identifiée parmi les espèces prioritaires pour le suivi des Odonates dans la Drôme avec Coenagrion caerulescens et Cordulegaster bidentata.
  • 2019 : Un nouveau projet du PNAO lancé sur le département de la Drôme [2], concerne cette espèce. De nouvelles stations sont découvertes à proximité de celles déjà connues en Savoie. Ainsi le suivi réalisé sur le département savoyard a été aussi couplé par une mise en défend par le CEN d’une station qui était pénétrée par des moutons, à la demande de Sympetrum. Des OdoRunAlpes ont été organisés du 2 au 4 août dans le secteur de Pierrelatte (Drôme) sur le thème des Sympétrums (depressiusculum et pedemontanum) [archives][2e page d’archives]. L’espèce est mise en exergue pour la région dans le cadre de la préparation du Plan National n°2, les 22 et 23 octobre 2019 (action Cyrille Deliry).
  • 2020 : Réunion PNAO Sympetrum depressiusculum dans la Drôme le 12 mai 2020.
Panneau pédagogique installé en 2011 à la Ferme aux Crocodiles

Statuts résumés de l’espèce

  • Liste verte – Associée aux Grandes rivières et fleuves : annexes fluviales
  • VU 2009 Méditerranée – VU 2010 Europe (VU 1988) – EN 2009 France (Effectifs assez faibles 1987)
  • CR 2013 Ain – EN 2013 Ardèche – VU 2013 Drôme – CR 2013 Isère – EN 2013 Loire – RE 2016 Rhône – EN 2013 Savoie – DD 2013 Haute-Savoie
  • PRAO (25 juin 2015) – PRAO (transition) – PNAL (2020)

LC 2014 Rhône-Alpes [1] (A préserver 2000)

© André Ulmer – Département de la Loire

Cette espèce est un élément faunistique eurasiatique avec des affinités steppiques dont l’aire de répartition va de la France au Japon. En Europe, elle est principalement présente en périphérie des Alpes et des Balkans ainsi qu’au sud de l’Europe centrale. Elle est en limite de répartition en France. Elle y est présente principalement dans le sud-est du pays.

Indiquée vers Lyon au XIXe siècle, par Eugène Foudras selon Selys, mais de manière incertaine, l’espèce est découverte en Rhône-Alpes par Philibert Riel le 25 août 1916 à Rilleux-la-Pape dans le département du Rhône. Elle est ensuite observée le 7 septembre 1957 à l’étang des Eparres (site détruit) vers Grenoble par Charles Degrange. Elle est signalée ponctuellement et elle reste une espèce rare (2,9% des communes). Si l’effectif le plus important rapporté en France se situait sur un canal de la plaine agricole de Pierrelatte (200 individus), les populations sur la Loire entre les départements de la Haute-Loire et de la Loire sont estimés à plusieurs centaines d’individus et sont parmi les plus remarquables d’Europe. En Savoie, l’espèce était connue du secteur de la Malourdie et reste toujours présente en marge d’une population importante centrée sur Culoz dans l’Ain. Les populations de Basse Maurienne sont par contre vraisemblablement en déclin et n’ont pas été confirmées depuis longtemps. Diverses indications en Bonnevaux, Isère (Deliry 1997), ne sont pas confirmées.

Région AuRA – Cette espèce des annexes fluviales peut se trouver sur des canaux souvent à l’étiage en hiver ou des plans d’eau de barrage. Elle fréquente aussi certains étangs ou gravières à végétation riveraine temporairement inondée. Elle est suivie par ailleurs depuis 2014 sur le secteur de l’île de la Platière et régulièrement désormais sur le Haut Rhône dans l’Ain vers Culoz. Son étude a été approfondie sur les Gorges de la Loire par la FRAPNA Loire avec en complément le suivi de Sympetrum pedemontanum et Oxygastra curtisii. Par ailleurs l’espèce qui présente d’importantes populations dans le secteur de Donzère dans la Drôme est mise en vedette sur des panneaux d’information à la ferme aux Crocodiles. Synthèses, articles et conférences ponctuent le suivi de l’espèce dans le secteur d’Aurec sur Loire. Des recherches et prospections sont à faire notamment en Haute-Savoie mais aussi sur les bras morts de la Loire et l’Allier en Auvergne. Il convient de retrouver l’espèce dans le Massif de Bonnevaux en Isère par ailleurs. L’information et la sensibilisation des gestionnaires (Grangent, Donzère…) est à poursuivre ou approfondir. Le suivi des principales stations est nécessaire [2]. La sensibilisation des gestionnaires est nécessaire en particulier dans le secteur du Haut Rhône et Malourdie (problème de pâturage des berges, site de maturation ou d’émergence par les moutons).

© Stéphane Pissavin – Pierrelatte (Drôme) en août 1996
©© byncsa – Cyrille Deliry – Histoires Naturelles – Pierrelatte (Drôme)
Pierrelatte (Drôme) juillet 2008 – © Jean-Michel Faton
  • Deliry C. 1997 – Massif de Bonnevaux, quelques remarques sur les Odonates et l’agriculture. – Dossier d’Etude, Sympetrum.
  • Ulmer A. 2011 – Sympetrum pedemontanum (Allioni, 1766) nouveau pour les départements de la Loire et de la Haute-Loire, et sites majeurs pour Sympetrum depressiusculum (Selys, 1841) dans ces deux départements. – Martinia, 27 (2) : 95-100.
  • Ulmer A. 2013 – Deux espèces de libellules prestigieuses à St-Paul en Cornillon. – Commune de St-Paul en Cornillon, Lettre d’information n°5.
  • Deliry C., Pont B., Faton J.M., Ladet A., Oertli B. 2013 – Le Rhône, du glacier de la Furka au delta de la Camargue. Les Odonates d’un grand fleuve européen. – Sympetrum, 17 : 33-80.
  • Deliry C. 2014a – Odonates du Haut-Rhône. Prospections 2013. – Dossier d’étude du Groupe Sympetrum.
  • Deliry C. 2014b – Odonates du Haut Rhône. Prospections 2014. – Dossier d’étude du Groupe Sympetrum.
  • Ulmer A. 2018 – 20 ans d’implication d’une association de protection de la nature dans la connaissance des Odonates, leur préservation et la mise en œuvre d’actions de gestion. – Rev. Sc. Bourgogne Franche-Comté Nature, 27 : 215-221.
  • Deliry C. 2019 – Le point sur la présence du Sympétrum dépressiuscule (Sympetrum depressiusculum (Selys, 1841)) en France. – Libellul’mE, 21 février 2019.

[1] – Nos évaluations de 2013 la donnait EN, mais suites aux validations d’UICN France, elle est replacée LC.

[2] – L’espèce a été suivie et inventoriée en 2019 sur le secteur de Donzère Mondragon dans la Drôme, travail réalisé en collaboration avec la LPO et accompagné d’une démarche similaire concernant Sympetrum pedemontanum.

Pour aller plus loin (WoW)