Etang des Graviers de Landaize (Culoz – 01)


Ain, Sites odonatologiques / lundi, septembre 28th, 2020

Il paraît probable que l’étang et la zone humide afférente date des années 1820 et ait été associée à la construction de la route impériale 111 qui passait en ce point au niveau d’une digue échappant aux principales crues du Rhône.

Cet étang n’a pas de nom réel lisible sur les cartographies ou le cadastre mis en ligne. Le lieu est nommé Graviers de Landaize sur OpenStreetMap. La carte IGN ne donne pas de précision : il s’agit de l’étang au nord-est du PC 239 au Pont de la Loi, ou de l’étang au sud-est de Landaize.

Le site porte les noms suivants dans la base régionale O’donata : Etang au Nord du Pont de la Loi, Etang des Landaizes Pont de la Loi (Etang au nord-est du rond point de la D992 [sic]), Etang N du pont de La Loi, Etang nord du Pont de la Loi, Etang sous les Landaizes Est [sic] pont de la Loi, Gravière de Landaize Ouest Pont de la Loi, Gravière des Landaizes, Gravière est [sic] du Rhône, Graviers de Landaize (Plan d’eau de Landaize), Landaize.

Nous reprenons les éléments cartographiques disponibles à des fins d’illustration et d’exemple de l’évolution de cette localité. L’étang se trouve au niveau du Pont de la Loi légèrement au sud de la latitude de la localité de la Loi (Savoie) situé côté Ain.

©© – OpenStreetMap
La Carte de Cassini (milieu du XVIIIe siècle) rend compte d’aucun détail particulier en lieu de l’étang
Le lieu-dit Landaise (sic) est indiquée sur la carte d’état-major du XIXe siècle (1820-1866), la position de l’étang ne montre pas de précisions. Une grande lône du Rhône s’étend alors jusqu’à proximité du bourg de Culoz
La lône de Culoz repérée sur carte dès le XIXe siècle isole une île nommée sur l’Île. La carte de 1950 avant les aménagements du Rhône montre la position du Pont de la Loi et l’étang des Graviers de Landaize en sa position et sa forme actuelle
Source – © Geoportail

L’étang des Graviers de Landaize semble associé à la construction du Pont de la Loi et d’une route le longeant et toujours existante (désormais désaffectée et riche en culs de poules) sur digue (dans l’axe de la D992 qu’elle devait initialement concerner). Le secteur présente une remarquable stabilité au niveau de la lône et des bancs sur le Rhône depuis un siècle. Initialement la traversée du Rhône se faisait par un bac entre La Loi et Landaize, plus au nord, ce qui évitait la traversée de la lône de Culoz. Dès 1851 les habitats soutenus par le maire réclament un pont, mais malgré de nombreuses démarches, l’ouvrage, très coûteux, n’est entrepris qu’à la fin des années 1860 et celui-ci terminé en 1873. Notons que des travaux en rive droite du Rhône sont réalisés en 1879 et associés à une crue du fleuve ont pu influencer les lieux. Aussi les aménagements (associés au Pont et à la D992 initiale) datent-ils des années 1870, âge possible de l’étang qui nous intéresse. La forme de l’étang selon sa rive méridionale date donc de cette époque.

En réalité il est plus probable que l’étang soit associé à la D992 qui initialement devait se poursuivre au nord de l’actuel rond-point (PC 239) sur digue à l’ouest de l’étang. La digue et le niveau de la nappe phréatique est alors favorable à l’installation de la zone humide. Cette route est héritière de la Route impériale 111, devenue route nationale 92 qui reliait Genève à Valence en passant par Seyssel. Elle fut créé en 1824. Déclassée en 1973, elle devient à ce niveau la D992. Ceci situe la naissance de l’étang aux années 1820.

Pont de la Loi à une date antérieure à 1920 – Carte postale Reynaud, Chambéry
© Région Rhône-Alpes et Maison du Fleuve Rhône

Une visite de cette localité en juin 2020 par Jean-Michel Faton permet de caractériser, vu du ciel, l’étang des Graviers de Landaize. On y voit une eau limpide permettant de voir le fond, y compris dans les secteurs les plus profonds. Une importante nymphaie (Nymphaea alba) s’y développe. Elle se caractérise par une densité modérée des feuilles de Nénuphars et une localisation relativement continue accompagnée de quelques îlots. La haie bordant l’ancienne voie sur digue à l’ouest est bordée d’une haie que l’on voit particulièrement alignée sur des photographies aériennes du milieu du XXe siècle. La bordure orientale est formée d’une rive à végétation basse exemptes de Roseaux (Phragmites australis). Elle jouxte une prairie plutôt sèche appuyée sur la digue CNR du Rhône.

Photographie – J.M.Faton – ©© byncsa
Détail montrant la limpidité des eaux et les caractéristiques de la nymphaie
Photographie – J.M.Faton – ©© byncsa

A contrario un « casier » amont présente un Phragmitaie accompagnée d’une pièce d’eau et un petit étang forestier situé au nord-ouest. Ces habitats ont été peu voir pas prospectés. Le premier présente des caractéristiques assez favorables à la présence de Leste brun (Sympecma fusca) et devrait être prospecté au premier printemps afin de rechercher le Leste enfant (Sympecma paedisca).

Casier amont de l’étang – Photographie – J.M.Faton – ©© byncsa
Contexte fonctionnel – ©© byncsa – J.M.Faton

Nous noterons que bien qu’identifiée à l’inventaire ZNIEFF de manière implicite par la citation de Sympetrum depressiusculum (ZNIEFF n°820030942 : Cours du Rhône majeur de Seyssel à l’île des Brotteaux), la localité n’est pas répertoriée dans le périmètre correspondant. Il convient de désigner une ZNIEFF propre au site, voire de l’associer correctement la ZNIEFF précédente. Par ailleurs l’édition d’un Dossier Rouge spécifique mérite d’être rédigé.