24 Heures Naturalistes 2009 de la Drôme


24 Heures Naturalistes, Drôme, Sorties de terrain / samedi, mai 16th, 2009

Les 16 et 17 mai 2009 à St Marcel lès Valence dans la plaine de l’Isère Sous l’égide de la FRAPNA Drôme, avec la participation du Groupe Sympetrum et la LPO Drôme, les naturalistes sont accueillis cette année par la municipalité de St Marcel lès Valence. Nous avons tellement attiré l’attention, dans l’urgence, sur la nécessité de protéger les territoires d’exception comme la Forêt de Saoû, Les Hauts-Plateaux ou les Ramières, au point que même les naturalistes pourraient en oublier la nature de tous les jours, notre environnement le plus proche, la nature dite « ordinaire » qui couvre la majeure partie de notre pays ! Retenez les dates des 16 et 17 mai 2009, les naturalistes de la Drôme (et d’ailleurs) devront réaliser un inventaire le plus complet possible dans la plaine de la Basse-Isère. On trouve parmi les participants actuellement inscrits de très bons spécialistes de la faune ou de la flore : C.Deliry, A.Pichard, J.M.Faton, C.Wright, F.Michel, S.Gouyet, V.Simon, M.Tardy, R.Mathieu, F.Savasta, P.Masset, S.Blache et sous réserve, S.Couvent, J.Schleicher… une bonne moisson d’informations en perspective. Spécialistes Odonates : Cyrille Deliry, Jean-Michel Faton, Sabine Couvent, Jörg Schleicher… Pour 2010, l’organisation sur un site des montagnes de la Drôme du sud dans les Baronnies est envisagée.

Les 24 Heures Naturalistes de la Drôme sont organisés par la FRAPNA Drôme et elles participent à la Fête de la Nature en 2009. Le conseil municipal de St Marcel lès Valence s’est porté candidat à l’unanimité pour nous accueillir. Considérant tout l’intérêt que représentent les « 24 Heures Naturalistes » dans la perspective d’une meilleure connaissance de la faune et de la flore locales, ainsi que dans celle d’une sensibilisation de la population aux enjeux de respect, de valorisation et de protection de la nature, la municipalité s’est engagée à participer à l’organisation de cet évènement, notamment en mettant une salle à la disposition des participants et en prenant en charge le buffet qui sera proposé le dimanche soir. Merci beaucoup ! Déjà, par la qualité de l’accueil, nous sommes certains que les 24 Heures de 2009 seront une fantastique édition  !

La restitution publique a lieu à la Mairie de St Marcel lès Valence, le dimanche 17 mai 2009 à 18h00.

Les 24 Heures Naturalistes : une méthode bien rodée

Nés dans la Drôme il y a 9 ans, les 24 Heures Naturalistes se sont étendues à l’ensemble de la région Rhône-Alpes sous la coordination de la FRAPNA.

Les objectifs sont simples : 

  •  Faire avancer les connaissances sur un secteur méconnu ou menacé 
  •  Permettre une rencontre et un échange entre les naturalistes, la population et les élus au niveau local 
  •  Permettre la rencontre entre naturalistes de tous lieux et de toutes compétences 
  •  Etre pluridisciplinaires, étudier les milieux, la flore et la faune 
  •  Faire son maximum en 24 heures, agir concrètement et bénévolement, pour la connaissance du patrimoine naturel 
  •  Dynamiser la mutualisation des connaissances et des bases de données en Rhône-Alpes 
  •  Montrer aux yeux de tous, sur la « place publique » le savoir faire rigoureux des naturalistes amateurs et professionnels

Dans la pratique, les inventaires commencent généralement dès le samedi matin, jusqu’au dimanche après midi. Un « chef d’orchestre » réparti les secteurs à prospecter à des petits groupes. Il distribue des cartes, des photos aériennes et des fiches de relevés. Tous les groupes sont munis d’appareils photos numériques pour mémoriser leurs découvertes. Toutes les méthodes de relevés de terrain sont mises en œuvre : écoute des oiseaux le matin, herborisation, chasse au filet à papillon, lampe blanche la nuit pour attirer les insectes, filets en soirée pour les chauves-souris, recherche nocturne des amphibiens … etc.

Le dimanche dans l’après midi, les petits groupes viennent remettre leurs fiches de relevés et leurs photos numériques au chef d’orchestre pour qui prépare immédiatement la synthèse des résultat. Le public de la commune est invité à participer à la présentation des résultats le dimanche 17 mai à 18 h dans une salle municipale. Cette présentation est richement illustrée par des photos prisent sur place par des groupes de naturalistes.

Au fil des années, nous nous sommes aperçus que la participation de la population locale est essentielle pour la réussite des 24 Heures. Ainsi, les habitants sont invités à nous signalés des lieux à étudier : prairies naturelles (riches en papillons et orchidées), mares, ruisseaux (pour les amphibiens, les libellules … etc.), greniers ou caves (pouvant abriter des chauves-souris par exemple). Lors de la restitution publique également, de multiples informations sont portées à la connaissance de tous, dans un échange réciproque.

À l’issue des 24 Heures, un compte-rendu est rédigé par un écologue professionnel et vient compléter le classeur des 24 Heures Naturalistes Drôme qui contienne les informations déjà acquises sur Omblèze en 2001, Les Tonils en 2002, Eygluy-Escoulin en 2003, Félines sur Rimandoule en 2004, Marsanne en 2005, Crupies en 2006, Die en 2007, Le Grand-Serre en 2008. Les plus belles photos sont également remises à la commune pour son libre usage.

L’éloge de la « nature ordinaire » !

Méandre envasé de l’Isère en 1985, vue d’avion – Commune de Châteaneuf sur Isère, photo aérienne de 1985 © Jean-Michel Faton

Notre connaissance sur la faune et la flore de St Marcel lès Valence reste très faible et souvent ancienne. Allons nous retrouver les moineaux friquets observés par Jean-Pierre Choisy en avril 1983 au quartier « Les Selles » et au lieudit « l’Ebry » ? Les busards cendrés, qui nichaient dans les cultures de blé d’hiver dans les années 1980 entre Saint-Marcel-les-Valence et Fauconnière, seront ils encore visibles ? … et va-t-on trouver des traces de Loup, comme le suggère la donnée surprenante un jeune loup mort au bord de la route en décembre 2008 ?

Ici, comme partout dans la plaine de Valence, la nature est le fruit des activités humaines et évolue avec ces activités. Les 24 Heures de St Marcel vont être une chasse aux trésors, où il faudra chercher la vie sauvage dans les rares prairies, les bâtiments, les terrains en friches, les corridors biologiques, les cultures et les jardins, les bois et les ruisseaux. C’est un vrai défi qui est lancé aux naturalistes drômois !

C’est aussi l’occasion de vérifier et d’évaluer les efforts qui ont été faits pour conserver la biodiversité dans la plaine : à St Marcel, des kilomètres de haies ont été plantés pour favoriser l’implantation d’invertébrés et oiseaux auxiliaires des cultures. Cela se traduira-t-il pas par une différence de résultats au niveau des inventaires que nous allons réaliser ?

Pour préparer l’édition 2009, nous avons fait une petite synthèse de l’état des connaissances de la faune sur les 6 communes de ce secteur de plaine de l’Isère à partie des données stockées dans la base de données « entre amis ». Les 24 Heures Naturalistes 2009 seront l’occasion de faire le point sur état écologique de la plaine drômoise, sur la faune et la flore qui constitue notre environnement quotidien ! Si nous sommes assez nombreux, il n’est pas exclu que nous puissions déborder sur les communes riveraines. Nous avons par exemple des contacts également avec l’opérateur NATURA 2000 des Berges de l’Isère (Ville de Romans) pour participer à l’amélioration des connaissances sur la faune du site de Châteauneuf sur Isère. (Ville de Romans) pour participer à l’amélioration des connaissances sur la faune du site de Chateauneuf-sur-Isère.

Tableau récapitulatif des connaissances faunistiques sur les communes du nord de Valence – Nombre de données par classe ou ordre, base de données « Entre Amis » sur la faune de la Drôme
Graphique de l’évolution des connaissances faunistiques – Nombre de données par décennies, base de données « Entre Amis » sur la faune de la Drôme

La commune de Châteauneuf sur Isère est bien connue pour ses oiseaux d’eau migrateurs et pour ses belles libellules dans les contre-canaux et lacs de gravières le long de l’Isère. Pour les libellules, on n’y connaissait notamment entre 1985 et 1998 de petites populations de Sympetrum pedemontanum et de Coenagrion mercuriale.

Les communes du plateau, Alixan, Montelier et St Marcel lès Valence, sont moins connues et moins riches. Les seules libellules que nous connaissons sont situées le long de rares ruisseaux comme la Barberolle (qui s’écoule vers le sud) et le ruisseau des Omis (qui s’écoule vers le nord). Nous y avons notamment rencontré le Caloptéryx méditerranéen (Calopteryx haemorrhoidalis). Les odonatologues devront notamment chercher les sources qui pourraient abriter le fameux Coenagrion mercuriale, espèce qui est connue dans les communes proches (Chatuzange et Montélier) sur les canaux de drainage ayant servi autrefois aux moulins. A noter que le Muséum d’Histoire Naturelle de Grenoble possède en collection quelques libellules collectées par Charles Degrange dans les années 1950 et 1960 sur Alixan, Valence et Châteauneuf sur Isère. Pour les données les plus anciennes, nous devons notamment à Suzanne Marius de très précieuses données sur la commune de Valence entre 1958 et 1974 . Les données sur Châteauneuf sur Isère dans les années 1980 correspondent à un suivi de la migration qui nous avons mis en place dans le « coude de l’Isère ». Le regain d’intérêt pour Valence et Bourg-lès-Valence est le fruit du travail que nous avons réalisé sur les canaux (Dossier Rouge du Groupe Sympetrum).

Nous ne possédons certainement pas toutes les informations sur ces communes. Nous espérons notamment trouver des éléments d’inventaire à St Marcel lès Valence, à la station de l’INRA (domaine de Gotheron), qui a travaillé longtemps sur les insectes et la lutte intégrée. Nous comptons vivement sur les contacts que nous pourrons lier sur ces communes pour améliorer nos connaissances sur les micro-habitats qui peut subsister sur ces communes : mares, canaux, sources, coteaux secs, prairies, caves creusées et falaises dans la molasse … etc.

Méandre envasé de l’Isère en 1982 – Commune de Châteauneuf sur Isère, photo © Jean-Michel Faton
Limites des communes au nord de Valence – Limites administratives reportées sur la photo aérienne IGN

Nous rajoutons ici les informations de l’inventaire ZNIEFF sur les communes concernées : 

  •  Alixan : pas de ZNIEFF de type 1 dans cette commune 
  •  Bourg les Valence : Vieux Rhône à Bourg-lès-Valence 
  •  Châteauneuf sur Isère : Sables de Châteauneuf-sur-Isère – Confluent de l’Herbasse et de l’Isère – L’Isère des portes de Romans à la Vanelle – Ile sablières et roselières de la basse Isère – Prairie à Chateauneuf-sur-Isère 
  •  Montelier : Carrière du bois des Pauvres 
  •  Saint Marcel les Valence : pas de ZNIEFF de type 1 dans cette commune 
  •  Valence : pas de ZNIEFF de type 1 dans cette commune

Quelques références… pour en savoir plus…

  • Faton J.M. 1981 – Migration des oiseaux d’eau sur un méandre envasé au confluent Rhône-Isère. – Les Cahiers du Naturaliste Drôme, II (1) : 24-35.
  • Faton J.M. & Parain N. 2004 – La faune et la flore des canaux de Valence. – Le Courrier des Epines Drômoises, 119 : 6-17.
  • Faton J.M. 2009 – Oiseaux drômois d’hier et d’aujourd’hui – hommage à Suzanne Marius (1919-2007). – Les Epines Drômoises, 148 : 12-13.

Jean-Michel Faton