Brève histoire odonatologique de l’Isère

Si les premières données odonatologiques régionales datent de 1789, il n’y a presque rien en Isère avant le XXe siècle. On pense qu’une indication de Leucorrhinia pectoralis d’Eugène Foudras datant du milieu du XIXe siècle pourrait concerner le site du Luitel et est plus exactement donnée dans le Dauphiné par de Selys Longchamps (1850). La première mention d’Odonates datée en Isère correspond à Coenagrion puella – c’est aussi la première mention régionale – indiqué le 1er mai 1897 par W.J.Lucas à Grenoble. On trouve ensuite dans les collections de Charles Degrange, deux larves en alcool concernant Gomphus vulgatissimus prises le 1er mars 1915 sur Corenc [suite des découvertes]. Sympetrum pedemontanum est illustré à partir d’un individu pris à Grenoble dans l’ouvrage de Martin (1931). Dans leur ouvrage sur les Libellules de l’Italie Conci & Nielsen (1956) rapportent Epitheca bimaculata du Dauphiné (probablement Massif de Bonnevaux). Nous constatons que Charles Degrange a mené ses premières prospections régulières dès 1956. Il ne cessera pas d’améliorer la connaissance odonatologique du département (et de la région, ainsi que du Midi de la France) jusqu’au début des années 1980. En 1988, il accepte de devenir membre d’honneur du Groupe Sympetrum né vers le début de l’année précédente. Le relais est pris alors par des visiteurs venus d’autres départements comme Daniel Grand, Jean-Pierre Boudot ou Gilles Jacquemin. On trouve des pionniers locaux avec Bruno Pambour, Guy Flacher ou Didier Bogey.

Les fondements du Groupe Sympetrum sont nés en Isère. Le 3 mai 2006, Cyrille Deliry rencontre Jean-Pierre Boudot sur le site de Haute-Jarrie en Isère. Celui-ci prospectait notamment les Sympecma. Suite à cette rencontre encourageante pour l’Odonatologie locale, dès le 4 mai 2006 en compagnie de David Loose il y a élaboration de la mise d’un Atlas des Libellules des Alpes du Nord française et la fondation d’une Association dont l’Assemblée Générale constitutive se tient le 11 décembre 1986 à Grenoble : le Groupe de Recherche et de Protection des Libellules, Sympetrum. L’action de l’association se limite alors à l’Isère et aux deux Savoies. De nouveaux observateurs s’ajoutent, et excusez moi si j’en oublie, tels Pierre et Christine Juliand, Christian et Nelly Zannoni ou Jean-Michel Blanc.

Le GRPLS fait partie des membres fondateurs de la Maison de la Nature et de l’Environnement de Grenoble. Jean-Michel Blanc, alors trésorier de Sympetrum, est présent à son inauguration le 25 juin 1988. L’association occupera pendant plus de 10 ans « une boîte au lettre » en bas de la dite Maison.

Une première Liste Rouge des Libellules de l’Isère est préparée sous la coordination de D.Loose et C.Deliry en 1987. Elle sera complétée par une liste commentée des Odonates du département (Loose 1987).

C’est en 1997 que sort l’Atlas des Libellules du nord des Alpes française (Isère, Savoie et Haute-Savoie) sous la coordination de Cyrille Deliry. L’Atlas à dimension régionale qui sera édité plus tard (Deliry 2008), est élaboré dans les locaux du Muséum de Grenoble. Une première réunion a lieu le 28 août 2002 et posera les bases d’une collaboration entre le Groupe Sympetrum et le Muséum afin de construire l’édition de l’Atlas régional.

Dans le cadre de la seconde campagne ZNIEFF un catalogue des sites remarquables du département est édité (Deliry 1999-2000).

Réunion de travail Atlas à Grenoble avec le Muséum avec de gauche à droite : C.Deliry, D.Grand, P.Juliand de l’association, J.Petitprête et A.Fayard du Muséum

Une nouvelle Liste Rouge départementale est préparée en 2007, notamment au cours du Séminaire pour la clôture de l’Atlas régional qui a lieu les 13 et 14 avril 2007 dans la Drôme. Elle fait suite à celle préparée dans les années 1980 et sera révisée en 2013 (Deliry & al. 2013).